Comment ne pas prier Tarawih ?

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Comment ne pas prier Tarawih ?

La prière de Tarawih, une pratique spéciale observée pendant le mois béni du Ramadan, est source de dévotion spirituelle ainsi que de débat théologique. Cet article explore pourquoi et comment certains musulmans choisissent de ne pas suivre cette tradition, en s'appuyant sur des sources historiques, des hadiths, et des interprétations savantes. Nous aboutirons à des conseils à mettre en pratique dans le réel

I. Comprendre la Prière de Tarawih

A. Origines et Développement

La prière de Tarawih est décrite comme une pratique surérogatoire effectuée pendant les nuits du Ramadan. Selon certains savants, le Prophète Muhammad l'a pratiquée mais a choisi de l'abandonner, craignant qu'elle ne devienne obligatoire. Omar ibn al-Khattab est crédité de l'avoir institutionnalisée en tant que pratique communautaire après la mort du Prophète.

Pour leur argumentation, ils prennent deux sources :

"Quiconque prie la nuit du Ramadan en croyant et espérant la récompense d'Allah, ses péchés passés lui seront pardonnés."

"le Prophète dit: J'ai craint que la prière nocturne soit considérée comme étant obligatoire et que vous ne puissiez pas l'accomplir"

B. Pratique Individuelle vs Communautaire

Les récits historiques indiquent que le Prophète faisait la prière nocturne seul, une approche soulignée par sa décision de prier chez lui et son inquiétude quant à l'obligation potentielle de ces prières. Cette préférence pour la prière individuelle jette les bases de l'argument contre la prière communautaire de Tarawih.

Effectivement, l'argument selon lequel le Prophète priait seul et qu'il a pris la décision pour toute sa communauté que les prières surérogatoires se doivent d'être effectuée seul, est le hadith suivant :

« Zaid ben Thabit – qu'Allah l'agrée – dit : « L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – plaça une natte qui le séparait des gens. Comme il y faisait des prières seul , quelques hommes cherchèrent à l'imiter et se mirent à le suivre dans ces prières. Une autre nuit, les fidèles se regroupèrent pour prier derrière le Prophète. Dès que le Prophète s'en aperçut, il resta assis et rentra chez lui. Une nuit, ils se regroupèrent, mais l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ne sortit pas les voir. Ils élevèrent la voix et frappèrent la porte avec quelques cailloux. L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – sortit les voir en colère et leur dit : Votre insistance (à faire ces prières) me pousse à croire que ces prières deviendraient obligatoires et que vous ne puissiez point les accomplir. Priez donc dans vos maisons ! Car la meilleure des prières est celle que l’on fait chez soi, sauf pour ce qui est des prières obligatoires ». »

Ce hadith vient en contre argumentation face aux hadiths qui sont supposés argumenter que le Prophète a prié avec ses compagnons, montrant à la fois qu'il était séparé des gens, qu'il ne savait pas que des gens priaient derrière lui, et qu'après connaissance, il décida fermement de s'arrêter de prier, au point d'ordonner un lieu et un isolement pour le croyant qui souhaite effectuer des prières surérogatoires pendant et en dehors du ramadan.

II. Arguments Contre la Prière de Tarawih en Congrégation

A. Le Prophète et la Prière Individuelle

Les sources islamiques suggèrent que le Prophète Muhammad n'a jamais établi la prière de Tarawih comme une pratique communautaire. Son intention de maintenir les prières surérogatoires, y compris celles effectuées pendant le Ramadan, comme des pratiques personnelles est un point central de l'argumentation contre la prière en groupe.

B. L'Innovation d'Omar ibn al-Khattab

Bien qu'Omar soit reconnu pour avoir rassemblé les musulmans pour prier en congrégation, cette décision est vue par certains comme une innovation qui ne reflète pas les intentions originales du Prophète. La prudence d'Obay ibn Kaab et les avertissements d'Ibn Omar contre les innovations renforcent cette perspective.

Premièrement, concernant Omar ibn al-Khattab, on nous rapporte plusieurs textes concernant ces agissements et l'institutionnalisation du Tarawih :

Ibn Chihab dit : « Jusqu’à ce qu’Omar les rassemblât derrière Obayy ibn Ka’b, qui guida leur prière durant les veillées du Ramadan. Ce fut là la première fois que les gens se rassemblèrent derrière un seul lecteur pendant le Ramadan »

dans le livre تاریخ الخلفاء ~ ابي الحسن علي بن محمد الروحي~ص ce qui suit : و اول من جمع الناس على امام واحد في قیام شھر رمضان « Le premier à avoir rassemblé les gens sous la direction d’un seul lecteur durant le mois du Ramadan est Omar ».

Boukhari nous rapporte que « Abderrahmane ibn Abdelqâri a dit : « Une nuit, pendant le Ramadan, j’allais avec Omar ibn el Khattab à la mosquée. Les fidèles étaient en groupes dispersés. Ici, un homme faisait sa prière pour son propre compte. Ailleurs, un homme dirigeait la prière de son groupe. Omar dit alors : Il me semble que si je réunissais tous ces gens-là sous la direction d’un seul lecteur, cela serait plus convenable. Alors, mettant son dessein à exécution, il les rassembla sous la direction d’Obayy ibn Ka’b. « Une autre nuit, je sortis également avec Omar. Les fidèles priaient sous la direction de leur lecteur : « Quelle excellente innovation, s’écria Omar » »

Le savant Tabari nous rapporte que : « Et c’est lui (Omar) le premier à avoir rassemblé les gens (musulmans) sous la direction d’un seul imam pour accomplir la prière dite de Tarawih durant le mois du Ramadan ». « Il adressa des lettres à toutes les villes des possessions musulmanes pour leur ordonner d’agir ainsi ».

Concernant la prudence ou le fait de s'offusquer lors de l'invention de la prière de Tarawih, le comportement de Obay ibn Kaab n'en demeure pas moins un élément important qui marque la non connaissance de cette prière, à travers les propos que nous rapporte Moussa Chahin Lachine, dans son commentaire du Sahih de Boukhari :

« Omar a demandé aux musulmans d’accomplir durant le mois du Ramadan la prière nocturne en groupe à la mosquée, suite à quoi, Obay ibn Kaa’b s’exclama : comment ordonnes-tu l’accomplissement d’une innovation ! Omar lui répondit « Quelle bonne innovation »

Par ailleurs, on apprend la pratique de Ibn Omar dans le livre kitab al-Athar de l'imam Tahawi, ainsi que l'avertissement de ibn Omar dans al-Kitab al-Musannaf fi-l- ahâdith wa-l- âthâr Abou Bakr Abdallah ibn Muhammad ibn Abi Chayba :

2017– Fahd nous rapporte, d’après Abou Nu’aym, à la suite de Sofiane, Ubaydullah, et Nâfi’, que ibn Omar (que Dieu soit satisfait d’eux), ne faisait pas la prière derrière un imam pendant le Ramadan.

Ibn Omar a dit : « Toute innovation est égarement quand bien même les gens la voient comme une bonne chose ».

C. La Préférence pour la Prière à Domicile

Les écoles chaféites et malékites soulignent l'importance de la prière à domicile, même pour Tarawih. Cette préférence est fondée sur les hadiths qui déclarent que la meilleure prière est celle effectuée chez soi, à l'exception des prières obligatoires, sans pour autant s'appuyer sur l'ensemble du hadith qui met en lumière une impossibilité du choix du croyant sur le lieu et l'isolement du croyant pour pouvoir effectuer des prières surérogatoires.

Néanmoins, dans certains cas de figure, des livres de fiqh chaféites ou malékites, ou encore le commentaire du Sahih de Boukhari réalisé par ibn Battal, argumente cette position par le moyen de rapporter l'acte du Prophète, et non pas la parole. Ce qui est d'autant plus significatif :

وقال مالك و أبو یوسف و بعض الشافعیة وغریھم الأفضل فرادى في البیت صلاة لقولھ صلى لله علیھ و سلم أفضل الصلاة المرء في البیت إلا المكتوبة

« Malik a dit que : Rabira et d’autres savants, ne priaient pas à la mosquée et moi (Malik) je fais pareil puisque le prophète n’a prié que chez lui »

Fiqh Chafirie, kitab al-Aziz : « Il existe trois positions concernant les Tarawih à savoir : 1-Prier seul est meilleur de façon absolue

Imam Chawakani dans Nil al Awtar - نیل الأوطار :
و قالت العترة التجمیع فیھا إلا المكتوبة.بدعة

« Et la descendance (famille) du Prophète a dit : Le fait de prier en groupe (à la mosquée) est une innovation »

III. L'Impact du Confinement et des Pratiques Modernes

A. Tarawih et Confinement

La pandémie de COVID-19 et les périodes de confinement ont forcé de nombreux musulmans à repenser leur pratique de Tarawih. L'impossibilité de se rassembler dans les mosquées a remis en lumière l'option de prier "Tarawih" à domicile, conformément à l'approche préconisée par de nombreux savants.

B. Revisiter les Traditions

Ce contexte unique a ouvert un débat sur la nécessité de revisiter et de comprendre les traditions à la lumière des enseignements originels de l'Islam et des réalités contemporaines. Il met en évidence l'alternance des pratiques musulmanes où parfois la vérité ressurgit en subjuguant le faux, et où le faux peut revenir subjuger le vrai.

IV. Considérations Pratiques et Spirituelles

A. La Qualité de la Prière

Pour ceux qui choisissent de ne pas prier Tarawih en congrégation, l'accent est mis sur la qualité et l'intimité de la prière. La solitude offre une occasion de réflexion intérieure et de connexion personnelle avec Allah, conformément aux actions du Prophète.

B. L'Unité et la Diversité dans l'Islam

L'existence de diverses opinions et pratiques concernant Tarawih reflète la richesse et la complexité de l'islam. Cette diversité devrait conduire à une compréhension plus nuancée et respectueuse des différentes manières de pratiquer la foi.

Impact social et psychologique

Sentiment de culpabilité

Ne pas participer au Tarawih peut parfois conduire à un sentiment de culpabilité ou d'isolement social, surtout si cette pratique est fortement valorisée dans la communauté. Il est important de se rappeler que l'Islam est une religion de facilité et de compassion. Mais surtout, qu'elle met l'accent sur la preuve et la vérité avant tout.

Pression Sociale

Certains peuvent ressentir une pression pour participer au Tarawih même lorsqu'ils ne le peuvent pas ou ne le souhaitent pas. Il est crucial de respecter les choix personnels et de comprendre que chacun a ses propres limites et circonstances.

D'autant plus envisageable de ne pas pratiquer le Tarawih, avec les preuves avancées. Retenez que le savoir est une arme qui peut faire tourner la roue entière de tout un peuple.

Conseils Pratiques

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Conclusion

Alors que la prière de Tarawih reste une pratique chérie pendant le Ramadan, les débats autour de son exécution soulignent un aspect plus large de la foi islamique : la recherche constante d'un équilibre entre tradition et interprétation personnelle. Que ce soit à travers la prière individuelle à la maison ou en congrégation à la mosquée, l'objectif ultime demeure le même : la dévotion et la proximité avec Allah. Les musulmans sont donc invités à réfléchir sur ce qui élève véritablement leur foi et leur spiritualité, en harmonie avec les enseignements du Prophète et les réalités de leur vie quotidienne.

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